Il y a 2000 ans, naissait le papier

Support pour les idées, la pensée, l’apprentissage, la transmission, le papier a 1000 vies et la première date d’il y a 2000 ans. Le mot « papier » vient du latin « papyrus », mais ce sont les chinois qui l’ont inventé !

Une invention chinoise

C’est Caï Lun, chef des ateliers impériaux sous la dynastie des Han, qui en 105 après J.-C., invente une pâte, fabriquée à l'aide de vieux chiffons, d'écorces et de filets réduits en bouillie, qui deviendra le premier papier moderne.

Les routes du papier

Cet art de fabriquer le papier reste chinois et japonais jusqu'au VIIIe siècle après J.-C. avant de passer chez les Arabes musulmans, après la bataille du Talas et la prise de Samarkand en 751. Ces derniers utilisent rapidement le papier pour propager l'Islam et en font leur vecteur privilégié de communication. Dès lors, le papier se répand partout en Europe. Moins couteux que le parchemin issu de peaux animales, il va petit à petit le remplacer.

L’essor de l’imprimerie

En 1445, l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg va révolutionner l’écrit et marquer l’avènement de l’industrie papetière. Support de la diffusion des idées, de la transmission des savoirs et de l’expression des luttes politiques et sociales, la production de papier va dès lors connaître un essor sans précédent. Malgré le coût élevé du papier, on estime que les papetiers de la capitale française produisent entre 500 000 et 1 500 000 feuilles par jour pour satisfaire les besoins des imprimeurs.

 La demande en papier s'accroît tout au long du XVIIIe siècle, tandis que l’utilisation du cylindre hollandais - sorte de machine à fabriquer le papier - offre de nouvelles perspectives de production.

La machine à papier

En 1799, le français Louis-Nicolas Robert invente une « machine à faire le papier d’une très grande longueur ». Le papier sort dorénavant en bobines. Il quitte le champ de l’artisanat, l’industrie papetière va progressivement se structurer au milieu du 19ème siècle. Dans le même temps, l’usage des papiers et cartons d'emballage se développe.

La pénurie de chiffons

A partir du XIXe siècle, les pénuries de chiffons deviennent légion, et le besoin de trouver de nouvelles matières premières plus pérennes et moins chères pour fabriquer le papier s’impose. Au milieu du siècle, on découvre la pâte à bois et la cellulose, matières à partir desquelles on parvient à fabriquer du papier. Bénéficiant d’une ressource accessible, l’industrie papetière va pouvoir réduire le coût du papier, et accroître vitesse et capacité de production.

De nouveaux usages pour les papiers

A l’origine consacré essentiellement au papier pour l’édition de livres et de journaux, le papier se voit offrir de nouveaux débouchés grâce au développement de l’industrie agro-alimentaire : papier kraft et carton ondulé font leur apparition pour emballer les denrées, et les produits d’hygiène à base de papier voient le jour.

 Dans le même temps, la rotative, l’offset et les papiers bon marché participent à la démocratisation de la presse et à la naissance de l’affiche publicitaire et de la presse magazine.

 Au début du XXe siècle, l’industrie papetière devient ainsi une industrie lourde.

L’ère des papiers recyclés

Le début du XXIème siècle, marqué par une prise de conscience écologique et la limitation des ressources naturelles, voit naître l’industrie des papiers recyclés. Fabriqués à partir de vieux papiers, les papiers recyclés ont une empreinte écologique plus faible que les papiers fabriqués à partir de pâte vierge (en eau, en consommation d’énergie et en émission de CO2) et préservent la ressource naturelle qu’est le bois en limitant son introduction dans le processus de fabrication.
Dans le même temps, la filière papetière est confrontée à une baisse continue de la consommation de papiers en France. Les usages des consommateurs évoluent et le papier se trouve concurrencé par les nouvelles technologies, avec notamment le développement du papier électronique (fabriqué pour le moment avec du plastique) et des tablettes tactiles, fournissant un moyen alternatif de lecture de la presse et des livres.
Loin d’être voué à disparaître, le papier doit s’adapter à de nouveaux modes de consommation et aux nouvelles attentes de chacun. Et se tourner plus que jamais vers l’innovation pour se créer de nouveaux débouchés.